Comment la découverte du Japon a changé ma vie

Aujourd'hui je vais vous raconter de quelle façon j'ai découvert le Japon, comment j'ai appris le japonais, et pourquoi j'ai fini au pays du soleil levant après avoir commencé à vivre ma passion, que je n'ai découvert qu'à partir de la vingtaine.
Je vais partager mes expériences de l'apprentissage du japonais et beaucoup des choses que j'ai fait pour faire décoller ma carrière avant et après que je sois arrivé au Japon. Je n'étais pas sûr de savoir par où commencer mais j'ai pensé que "le premier jour" serait un bon début.
Ce post est un peu long donc vous voudrez peut être le lire pendant que vous serez aux toilettes ou quelque chose du genre. Quand j'aurai un peu de temps, je prendrai tous les morceaux parlant de mon apprentissage du japonais et j'en ferai un post séparé.
Cet articles est divisé selon ces évènements chronologiques :
- Le premier jour
- Ma découverte de la culture japonaise
- Comment j'ai étudié le japonais de manière autodidacte
- Comment j'ai commencé à gagner de l'argent
- Mon premier objectif : vivre et travailler au Japon
- Où et comment j'ai rencontré ma femme
- Mon premier travail à temps complet à Japan Airlines
- De quelle façon j'ai pu me rendre au Japon
- Comment j'ai commencé ma carrière au Japon
- Pourquoi se sentir confiant est dangereux
- Ma vie en tant que Website Manager chez Amazon Japan
- Comment j'ai commencé à gagner de l'argent en ligne
- Pourquoi nous avons vécu 5 mois à Seattle
- Comment dannychoo.com a commencé à attirer des lecteurs
- Comment j'ai lancé mon projet personnel
- Pourquoi j'ai quitté Microsoft pour créer ma propre entreprise
- Vivre avec la maladie
- Ce que fait mon entreprise "Mirai"
- Ce que j’aime dans mon travail
- C'est toujours comme au premier jour

Je suis né et j'ai grandi dans le quartier Est de Londres. Cette photo fut prise au Victoria Park côté Hackney alors que je vivais encore avec mes deux parents. Ils sont tous deux Chinois malaisiens.
Plus tard pendant mes jeunes années, les temps furent difficiles pour mes parents qui travaillaient très dur jour et nuit. Comme ils étaient tous les deux occupés afin de joindre les deux bouts, ils décidèrent de me placer dans diverses familles d'accueil dans lesquelles j'ai passé la plus grande partie de mon enfance. Dans certaines de ces familles, je n'étais pas traité spécialement bien mais je n'ai rien dit à mes parents car je savais qu'ils avaient leur propres ennuis financiers, et d'autres. J'ai fini par vivre avec une famille de blancs, de noirs, puis avec une famille indienne pour ce qui m'a semblé une éternité.
Par malchance, les tuteurs d'une des familles d'accueil décidèrent de me voler mes vêtements et les considérer comme leur appartenant pendant que leurs enfants passaient leur temps à me brutaliser. C'était facile de s'en prendre au garçon qui n'avait pas de parents. Il m'ont fait me sentir des plus malvenu dans leur maison.
Je me souviens de cette soirée spécifique où nous sommes revenus à la maison pour découvrir la porte d'entrée ouverte. Nous sommes entrés et nous avons trouvé un véritable bazar. Des cambrioleurs étaient passés par là. J'avais peur et j'ai commencé à pleurer. L'aîné des enfants de la famille d'accueil cria en ma direction :
- Pourquoi tu pleures ?! C'est même pas ta maison !
Un autre instant mémorable fut quand, dans une des familles, j'ai été étranglé jusqu'à ce que j'ai des plaques rouges autour de mes yeux. Quand , le lendemain, on m'a demandé à l'école ce qui m'était arrivé, je n'ai rien pu imaginer d'autre que de dire que j'avais mis des tasses sur mes yeux ^^;
Autre chose que je n'oublierai jamais fut quand j'ai été battu avec des voitures de course sur circuit, un peu comme celles-là mais faites en caoutchouc avec une bande orange au milieu. J'ai fini avec de superbes marques rouge vif partout sur le corps. Je me souviens m'être regardé dans le miroir après m'être fait battre, et je me souviens exactement de quoi j'avais l'air avec le pull-over vert que je portais.
La seule chose que la vie me donnait en retour était quelques weekends avec mes parents. Papa venait me prendre pour le weekend et soit je restais avec lui, soit il me déposait chez maman. Mais parfois il avait juste trop de travail et ne pouvait pas. Le téléphone sonnait alors et mes parents d'accueil me le tendaient.
Après avoir raccroché j'allais m'asseoir sur les escaliers pour pleurer, regardant dehors par la petite fenêtre au-dessus de la porte. Je ne pouvais même pas aller pleurer dehors parce que je n'avais pas le droit de sortir sauf pour aller à l'école. La seule chose que je pouvais faire était de retourner dans ma chambre, qui était un minuscule cagibi avec un lit. Je rêvais alors de mon seul ami Buck Rogers, venant me rendre visite avec son fidèle robot Twiggy.
Maman et papa payaient mes parents d'accueil pour me loger et me nourrir, mais pas pour qu'ils fassent particulièrement attention à mes résultats scolaires. Mon enfance, c'était école, maison, manger, parfois regarder la télé, aller dans la chambre, et rebelote.
La télé fut ma première rencontre avec les animés japonais quand j'ai regardé Gatchaman (nommé G-Force au Royaume Uni). Je ne savais pas vraiment que c'était japonais, et ce n'était même pas important à l'époque de toute façon.

Cette photo fut prise pendant un des mes séjours dans une des familles d'accueil. Je ne m'amusais pas non plus à l'école. J'étais constamment martyrisé et dans la plupart de mes souvenirs je me fais traîner dans le gravier, je me fais battre par des groupes d'enfants, je me fais brûler mes affaires, on vise toujours mon visage avec la balle de foot, et le caïd de l'école me dit :
- Si je t'éclate la tête avec cette batte et que je te tue alors j'irai en prison. Mais ça en vaudrait la peine.
Je me souviens avoir dû demander à cette même personne de me taper pour pouvoir traîner avec lui.
Il est facile de se rappeler des souvenirs rattachés à des émotions car le cerveau secrète des substances neurochimiques qui permettent aux souvenirs de rester ancrés plus longtemps. C'est pour ça qu'on se souvient aisément des instants de joie, de tristesse ou de honte.
Si vous vous remémorez votre enfance, beaucoup de vos souvenirs seront mêlés à ces émotions. Je n'ai aucun souvenir de joie durant mon enfance en dehors d'un seul, quand mes parents vivaient encore ensemble. C'était à Noël et nous étions assis devant le sapin dans le salon de notre maison rue Blurton à Hackney.
J'avais pour habitude de me sentir déprimé quand je me rappelais mon enfance jusqu'à ce que je commence à réfléchir à ce que d'autres enfants avaient traversé. Finalement, ça aurait pu être pire.

Complètement démotivé jusqu'à la fin de ma scolarité, j'ai fini par prendre des matières en fonction des choix des autres. Je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie. Sans objectifs dans la vie et sans passion pour ces matières, je n'ai pas vraiment réussi à l'école avec des moyennes dans les D et les E (note du traducteur : le système de notation anglais comporte des notes allant de A+ jusqu'à F, A+ étant la meilleure des notes). Maintenant vous savez pourquoi ma grammaire anglaise est affreuse ^^;

Je ne me souviens plus à quel moment j'ai commencé à vivre à nouveau avec mes parents, d'abord avec mon papa pendant quelques années puis avec maman jusqu'à ce que je déménage. Cette photo a été prise avec maman l'année dernière. Je veux pouvoir lui acheter une maison quelque part pour qu'elle n'ait plus besoin de vivre dans cette habitation. Je l'adore mais elle est tête de mule et veut sa propre maison, et pas une que je lui loue ^^;
Je n'ai pas encore assez d'argent depuis que j'ai failli faire faillite en 2009 mais j'ai réussi à me refaire depuis. Trouver une maison pour maman maintenant utiliserait la plupart de mes ressources et signifierait aussi que je n'aurais plus assez d'argent pour faire marcher mon entreprise, ce qui ne serait pas vraiment une bonne chose.

C'est la maison de ma mère à Hackney. J'y ai vécu jusqu'à ce que je déménage pour aller vivre avec ma femme. C'était vraaaiiiiimeennt déprimant de vivre là-bas. Les voisins passaient leur temps, nuit et jour, à passer de la musique reggae un peu trop forte. Les lattes du plancher vibraient littéralement.
Maman a été agressée trois fois à Hackney. Une fois, elle a été laissée inconsciente après que quelqu'un l'ait frappé à la tête. Après avoir été prévenu par téléphone, j'ai tout de suite couru à l'hôpital où je l'ai trouvée le visage couvert de sang séché et avec des bleus sur son bras, qu'elle a eu en essayant de garder son sac à main.

J'ai commencé à me faire de vrais amis en dehors de l'école en rencontrant d'autres fans de Kylie Minogue ! J'ai sympathisé en attendant devant la BBC ou devant les studios d'enregistrements de Kylie, à Stock Aitken et à Waterman. Davantage de photos de mes copains groupies sont visibles dans le post sur Kylie Minogue.

Et ça c'est ce à quoi ressemblait ma chambre à l'époque ^^; j'ai acheté pratiquement tous les magazines et les journaux dans lesquels apparaissait Kylie et les ai affichés sur tous les murs. Et en effet, il y a quelques photos de Jason Donovan aussi ^^;

Pendant ce temps, j'ai découvert la Sega Megadrive, une console japonaise 16 bit qu'on ne trouvait qu'en import. Je voulais en savoir plus à propos des jeux à venir pour cette console et j'ai cherché des informations dans les magazines des librairies japonaises de Londres.
Sans internet, ces boutiques étaient la seule porte disponible vers la culture japonaise. Le Japan Center était un de ces magasins où je me rendais afin de découvrir davantage de la culture japonaise à chaque visite, comme les mangas, les animés, et les idoles.

A cette période de ma vie, vous pouvez remarquer la transition entre "Kylie" et "le Japon". Les posters de Kylie sont sur les murs tandis que s'empilent des petits tas de jeux Megadrive. Vous pouvez pratiquement repérer Macross sur la télé, dans une version cantonaise que j'avais trouvé dans le quartier China Town de Londres. C'était la première fois que je regardais un animé en sachant que c'était japonais. La qualité de l'animation, l'histoire, la musique, les méchas et les jolies filles m'ont chamboulé : il fallait absolument que j'en vois davantage.
Pour me faire de l'argent à l'époque, j'ai fait des trucs comme de fabriquer et de vendre des cartes plastifiées de Kylie et de Jason à partir de ce que je découpais dans les magazines.

La découverte de la culture japonaise m'a fascinée et j'ai commencé à ressentir un désir et une passion comme je n'en avais encore jamais ressentis. Je voulais approfondir ma connaissance de la culture japonaise et afin de le faire, je savais qu'il fallait que je sois capable de comprendre le japonais. J'ai donc décidé de l'apprendre par moi-même.
Je n'ai pas eu l'opportunité de faire partie d'une école chinoise quand j'étais plus jeune, j'ai donc dû apprendre le japonais à partir de rien. J'ai dégoté des dictionnaires et des livres tels que "Japanese For Everybody" (ndt : le japonais pour tout le monde) et j'en ai tiré la plupart de mes bases grammaticales.

J'ai commencé à comprendre et à apprendre beaucoup de japonais à partir de mangas tels que Ranma 1/2 et Crayon Shin-chan. Je les lisais dans le train et quand je tombais sur un mot que je ne comprenais pas, je pliais le coin de la page.
Une fois de retour à la maison, je regardais dans le dictionnaire, mais laissais le coin plié. De cette façon quand je lisais le manga une seconde fois, si je me souvenais du mot, je pouvais déplier le coin, et sinon, je le gardais plié et je répétais l'opération jusqu'à ce que je comprenne tout le manga.

Pas d'internet signifiait pas de YouTube non plus. J'ai découvert une librairie japonaise à St. Pauls qui louait des enregistrements de télé japonaise sous forme de cassettes vidéos. Je ne pouvais pas me payer l'adhésion, mais la femme qui s'occupait de la boutique savait combien j'aimais la culture japonaise. Elle décida donc de me vendre les vieux enregistrements que les japonais du coin ne regardaient plus jamais. Le fait que ces enregistrements soient vieux de plusieurs mois ne m'importait pas, je voulais juste voir et entendre le Japon.
Les émissions comportaient des pubs et quand j'étais à la maison, je laissais la vidéo tourner en fond sonore. Je me sentais comme au Japon, surtout grâce aux pauses publicités. J'ai regardé des émissions comme Naruhodo The World, Sekai Marumie TV et des dramas comme Hitotsu no Yane no Shita! J'ai aussi enregistré le son de certaines vidéos sur des cassettes audio de manière à pouvoir les écouter avec mon walkman pendant que je me promenais dans Londres. J'avais un flux constant de japonais dans mes oreilles, mais j'en voulais encore plus !

Etant autodidacte, j'ai mis un point d'honneur à me donner des devoirs à faire. Cette photo montre les tableaux de Kanji que j'avais écrit sur une feuille A3 et dont j'avais recouvert les murs de la maison, au grand dam de maman ^^;
Ecrire une langue qu'on apprend est quelque chose que je trouve très important. Les êtres humains ont appris des langues pendant des siècles par des biais aussi conventionnels que l'écriture et la conversation.
Internet a été mis à disposition du monde entier il y a à peu près 15 ans. Le cerveau a évolué pour apprendre les langues d'une manière conventionnelle. Ainsi, même s'il y a une foule de sites qui permettent à quelqu'un d'apprendre une langue, il ne faut pas s'y fier entièrement et il faut malgré tout garder un équilibre dans l'apprentissage en utilisant votre corps pour apprendra à travers l'écriture manuscrite et la parole.
Quand vous stockez des choses dans votre mémoire, vous devez dire à votre cerveau si cette information est importante ou pas, sinon elle finit dans un coin de votre subconscient où vous aurez du mal à la retrouver.
La meilleure façon que j'ai trouvé d'apprendre les kanji ou les nouveau mots est mnémotechnique. C'est comme si vous attachiez une étiquette sur un objet pour vous en souvenir plus tard. Par exemple, le mot "Miru"[見る] signifie "regarder". Pour vous souvenir de ce mot vous pouvez créer votre propre étiquette comme "Regarde ce chien, on dirait Milou !", où Milou est un son très proche de "Miru".
Certains livres vous offrent des moyens mnémotechniques de retenir les kanji mais il est toujours mieux de prendre quelques secondes et d'imaginer quelque chose par vous-même, même si le résultat est ridicule. Quand vous dites ou entendez quelque chose de nul, cela provoque une émotion et stimule votre cerveau, la réaction en chaîne vous permettant de vous souvenir du mot plus facilement.

Ceci est une photo d'un endroit appelé Angel à Londres. J'ai pris cette photo l'année dernière. Il est connu pour les 20 bus à la file qui débarquent une fois que vous avez attendu une heure, et pour ses travaux qui n'en finissent jamais.
Après avoir étudié par moi-même, j'ai eu envie de pouvoir parler japonais avec d'autres. J'ai donc pris un cours de japonais à Angel, qui avait lieu une fois par semaine pendant la soirée. Au bout d'un moment, j'ai dit au professeur qu'une des choses que je voulais faire dans la vie était de vivre et de travailler au Japon. Il m'a répondu que c'était impossible pour un étranger et que je devrais oublier cette idée.
J'étais complètement confus et je ne comprenais pas pourquoi un professeur de japonais voudrait dire ça à un de ses étudiants. Je me suis demandé si peut-être il voulait que je reste et que je continue à payer pour ses cours ? @.@
Mon objectif était clair et je n'allais pas laisser quiconque me démotiver et me dire d'abandonner mes rêves. J'ai quitté ces cours de japonais et j'ai cherché une autre méthode pour parler japonais avec d'autres personnes.

A cette époque j'avais déjà réuni un grand nombre de magazines japonais grâce aux librairies, dont, comme vous pouvez vous en rendre compte, une jolie partie était composée de filles en 2D et en 3D ^^; Je n'avais pas encore de PC Engine à cette époque, mais j'aimais bien les filles en 2D sur les couvertures du magazine PC Engine Fan, c'est pourquoi je les achetais ^^;
Quand j'ai commencé à apprendre le japonais, je l'ai fait en utilisant un dictionnaire et j'ai deviné les sons des katakana à partir des noms anglais des jeux.
Je doutais cependant totalement du son d'un katakana, et c'était celui des sons "N" [ン] et "So" [ソ] que je trouvais identiques dans les magazines.
J'étais totalement sûr que le katakana se lisait "Famikon" [ファミコン] mais mon déchiffrage des katakana me disait aussi que [ファミコン] se lisait "Famikoso" ^^;
J'ai acheté la plupart de mes magazines au Japan Center. Ils avaient en ce temps là des panneaux d'affichage où pour environ 3£ j'ai pu afficher un message qui disait quelque chose comme :
Cherche correspondant pour échange anglais et japonais
Je parlerai anglais avec vous et vous me parlerez japonais.
Si vous êtes intéressé contactez Danny au 123 4567-8910
A cette époque c'était normal pour les gens de laisser leur numéro dans des affichettes comme ça ^^; Bien entendu j'ai eu quelques appels et je me suis lié d'amitié et ai parlé avec des japonais pour la première fois. Ce fut une expérience gratifiante et j'ai pu pratiquer et améliorer mon japonais oral. Je me souviens de la première chose que j'ai pu dire en japonais, et bien que je sois sûr que ma grammaire fut correcte, elle m'a rit au nez. Sans doute un problème de prononciation.

Mon coeur à fait un bond dans ma poitrine quand j'ai vu la couverture de ce magazine au Japan Center un jour. Son nom est Hikaru Nishida et elle était la plus mignonne des filles que j'ai jamais pu voir !
Je devais en apprendre davantage à son propos, ce qui signifiait que je devais apprendre en plus, bien plus, de japonais ! C'était une chanteuse, aussi j'ai acheté tout ses CD pour chanter avec. Une chose formidable à propos des CD japonais, c'est qu'ils sont toujours accompagnés d'un feuillet avec les paroles, ce qui est idéal pour comprendre certains mots. Hikaru en live ci-dessous.

Même si j'étais volage et que j'aimais d'autres idoles, Hikaru Nishida était la principale actrice de mes rêves. J'ai découpé des magazines et réalisé d'immenses posters en photocopiant des parties de couverture sur du papier A 3 et en les collant ensemble. Comme je regardais tout le temps la couverture des magazine, j'ai appris tous les kanjis et les mots par coeur.

Comme j'étudiais tout seul, j'étais obligé de me fixer des objectifs très durs à atteindre. J'ai décidé de postuler pour le "Japanese Language Proficiency test" (ndt : un test type déterminant le niveau de langue) et j'ai étudié toute une année avec pour objectif de passer le test en décembre. J'ai passé le niveau 4, et ensuite le niveau 2 l'année suivante.

Cette photo plutôt récente représente tout ce que j'ai laissé au Royaume Uni. Au milieu de ce bazar on trouve des cassettes d'apprentissage du japonais appelées linguaphone que maman avait achetées pour moi. Je les laissais tourner pendant des heures le matin dans mon lecteur de cassettes pendant ce que je pensais être mes périodes de sommeil léger. J'ai remarqué que les différents sons autour de moi pouvaient transparaître dans mes rêves et l'idée était donc d'assimiler ces cassettes pendant ces périodes de sommeil instable. Je ne peux pas assurer que ça a fonctionné mais je suis plutôt heureux de la vitesse à laquelle j'ai appris le japonais, donc peut être que... ^^;
Pour découvrir à quel moment vous tombez dans le sommeil peu profond, expérimentez en écoutant un son à certaines heures de la nuit en utilisant un timer. Si vous vous souvenez des sons dans vos rêves, c'est probablement la phase pendant laquelle vous pouvez essayer de vous laver le cerveau ^^;

Après avoir passé un examen pour "Japanese Language Proficiency Test" un soir, j'ai remarqué deux types japonais debout devant le centre de test qui distribuaient des flyers. C'est flyers faisaient la publicité d'une sorte de club d'échange de langues dans le quartier Ouest de Londres. Je suis allé voir de quoi il retournait et j'ai vu quelque chose comme ça : une salle pleine de gens du coin et de japonais en pleine conversation.
Le club était dirigé par un anglais marié à une japonaise qui étaient comptables tous les deux. Il possédaient donc un bureau dont il n'utilisait qu'une partie, et ils avaient donc décidé d'utiliser l'espace libre pour y réaliser ce club d'échange, appelé Axel. Ils réclamaient quelques livres sterling toutes les semaines, un montant bien trop modeste. Vous pouvez me voir au milieu de la photo.

Axel disposait d'une machine à écrire électronique japonaise qu'ils utilisaient pour traiter avec leurs clients japonais à Londres. Je leur ai demandé si je pouvais utiliser la machine pour réaliser des tableaux de kanji, et je les ai imprimés sur du papier A4 avant de les agrandir au format A3 ; et de les coller partout dans la maison ^^;
J'ai aussi réalisé des miniatures que j'ai plastifiées et que j'avais toujours avec moi.
Vous pouvez voir en haut de ce tableau que je l'avais signé avec [西田ひかるちゃんの恋人], ce qui signifie "Hikaru Nishida's Lover" ^^;

J'ai aussi fait cette feuille d'adjectifs que j'ai ensuite photocopié et que je gardais aussi avec moi tout le temps afin de pouvoir les lire en attendant le bus ou le train. J'avais aussi ces feuilles aux toilettes, comme ça je pouvais apprendre le japonais en faisant pipi ou caca. Je voulais être sûr qu'il n'y ait pas de temps mort dans le processus d'apprentissage.
Si vous y réfléchissez bien, ce n'est pas bête parce que quand vous urinez ou allez à la selle, vous le faites par obligation mais vous n'en tirez pas nécessairement de leçon, ce qui en fait une perte de temps.

Je me suis fait beaucoup de bons copains à Axel, et nous passions aussi beaucoup de temps ensemble en dehors des horaires du club pour se promener et se faire des bouffes. Rencontrer des gens qui ont la même manière d'être que vous et qui partagent vos passions enrichira votre vie avec de l'amitié et des opportunités comme ça en a été le cas pour moi.
La langue est basée sur la culture. Plus vous comprenez une culture, mieux ce sera pour votre compréhension de la langue et pour savoir pourquoi certaines choses sont dites dans certaines situations. En traînant avec des natifs, vous apprendrez beaucoup à propos de leur culture et vous pourrez apprendre la langue beaucoup plus vite.
Je m'étais teint les cheveux en brun parce que je voulais ressembler à un membre de SNAP à l'époque ^^; je m'étais aussi fait mes propres T-shirts à partir de scans de magazines japonais.
Mes amis japonais de l'époque étaient les meilleurs amis que j'ai jamais pu avoir. Nous chantions souvent du karaoké en mangeant quelques snacks chez moi.

A cette période de ma vie, je vouais une véritable passion aux animés et aux mangas, et je voulais vraiment réaliser quelque chose en rapport avec ces centres d'intérêt. A cette époque, une entreprise basée au Royaume Uni et nommée Manga Entertainment sortait des animés tels que Ghost in the Shell and Project A-KO. J'ai contacté leur PDG et lui ai parlé de ma passion pour les animés, les mangas, la langue japonaise et je lui ai raconté combien j'aimerais faire quelque chose, n'importe quoi, pour lui.
Le PDG a décidé de créer un magazine de fan club nommé "Mangazine" que vous pouvez voir en photo ici pour lequel je devrais écrire en tant qu'éditeur.

Voici quelques-unes des cassettes qui m'ont été confiées dans le cadre de mon travail pour Mangazine. Je devais regarder et critiquer ces animés avant leur sortie au Royaume Uni. Mon japonais était toujours un peu imparfait en ce temps là ce qui me donnait encore plus de motivation pour étudier davantage. Même si je n'étais pas payé pour écrire le magazine, vivre cette expérience n'avait pas de prix.
J'ai rencontré beaucoup de gens qui veulent de l'argent pour la moindre petite chose qu'ils font, y compris péter. J'ai atteint la moitié de ma vie et grâce à mon expérience, je peux dire que dans beaucoup de situations, faire les choses gratuitement rapporte davantage sur le long terme. Penser sur le long terme est une des clefs pour vivre une vie bien remplie.

Voici les buildings de la Metropolitan à Dalston Hackney. C'est un ancien hopital que mon père a loué en partie pour monter son entreprise. J'ai rencontré Kylie Minogue à cet endroit !
La meilleure chose que mon père ait pu faire pour moi fut de me laisser réussir par moi-même. Il a certes payé pour les familles d'accueil et j'avais de l'argent de poche de temps à autre, mais j'étais pratiquement toujours livré à moi-même depuis le lycée, quand j'ai commencé a vivre avec maman. Heureusement que le lycée et l'université étaient payés par une subvention du gouvernement à cette époque. Si je voulais de l'argent de poche, je devais alors le gagner, et j'ai commencé en travaillant à temps partiel pour mon père à la Metropolitan.

Cette photo a été prise l'année dernière.
Pendant que j'ai travaillé pour mon père, j'ai appris énormément sur le design et la fabrication des chaussures. Je pouvais réaliser, couper, et coudre !
J'ai aussi travaillé avec des journaux suivant la mode comme Elle ou Vogue en leur fournissant des échantillons pour leurs photographies avec des modèles, et j'ai pu assister à de nombreux défilés. Cependant même si le travail était intéressant, je savais que ce n'était pas ce que je voulais faire de ma vie.
Tandis que j'ai continué à apprendre le japonais et à découvrir davantage la culture au travers des animés, des mangas, des jeux et du temps passé avec mes amis japonais, j'ai trouvé un sens à ma vie, celui d'accroître ma connaissance du Japon. Je savais que je ne pourrais pas faire ça en travaillant à temps partiel pour mon père. Comme je vivais avec maman, je n'ai pas vu mon père pendant quelques années après que j'ai quitté le studio.
D'ailleurs, j'ai récemment fait une paire de sandales que vous pouvez voir dans le post Black Rock Shoes ^^;

Ne plus travailler avec mon père signifiait aussi ne plus gagner d'argent, ce qui est généralement une mauvaise chose ^^;
J'ai donc signé avec une agence de casting appelée Richard Starnowski. Du coup, à chaque fois qu'un asiatique était demandé quelque part, je recevais un coup de fil et j'ai donc figuré dans des dramas, des publicités et des documentaires (et même si chaque rôle était mineur, c'était plutôt bien payé).
Un des meilleurs moment que j'ai pu vivre a eu lieu sur le tournage d'un documentaire sur les feux d'artifice pour Discovery Channel, quand un biplan a survolé l'équipe de tournage à basse vitesse et à basse altitude. C'était par une soirée lumineuse et cette vision m'a fait frissonner de plaisir. Ça m'a donné envie de faire quelque chose de ma vie.
Cette photo est issue d'une publication nommée "Let's Oshaberi" qui apprend les bases de l'anglais avec des phrases toutes faites aux familles japonaise du Royaume Uni. J'avais trouvé un travail à temps partiel avec un éditeur pour traduire de l'anglais vers le japonais.
A cette époque, j'ai pris des cours de commerce à "The Elepehant and Castle", dont le coût était aussi couvert par une bourse.

J'ai aussi commencé à travailler à temps partiel pour un restaurant japonais appelé le Benihana. Pas vraiment comme chef, qui eux s'amusaient à jeter les couteaux alentour, ce qui a causé quelques hospitalisations, mais comme un serveur qui courait dans les couloirs pour prendre les commandes et servir les plats. J'ai choisi Benihana pour plusieurs raisons.
La première était que je pouvais parler japonais avec les nombreux clients japonais du restaurant.
La seconde était que je pouvais ainsi économiser assez d'argent pour m'acheter un billet pour le pays du soleil levant.
Je me souviens de ma première paie, après avoir travaillé selon un planning rigoureux, pour ne voir que quelques chiffres sur le bulletin. Mais je savais qu'il ne fallait pas trop en attendre au début. Ça m'a pris un an pour économiser assez d'argent pour m'acheter le billet pour le Japon tout en gardant un peu d'argent à dépenser. Ensuite, je retournerai au Royaume Uni et je continuerai à travailler pour Benihana pour économiser à nouveau de quoi m'offrir un voyage l'année suivante.

Et ensuite, je me suis retrouvé au pays du soleil levant. Je l'avais vu dans les animés, les mangas, les magazines, les dramas, et là, je le vivais enfin, pour la première fois. Mon coeur s'emballait tandis que le train quittait Narita et passait au travers de quelques villages. Je pouvais voir les Katakana, les Hiragana et les Kanji sur les panneaux. J'étais au Japon.
Cette période fut tellement chargée en émotion pour moi que je me souviens de pratiquement chaque jour de cette première visite. Mes sens étaient surchargés : le touché des détecteurs sur les portes des magasins, le goût de la tempura, l'odeur de l'humidité combinée à la chaleur de l'été et le son du japonais, partout autour de moi.
J'ai été suffisamment chanceux pour m'être fait beaucoup de bons amis japonais au Royaume Uni, et ils m'avaient invité à rester dans leurs familles dans des endroits comme Tagmagawa, Saitama, ou même Hiroshima.

Et c'est ici que je m'asseyais à Shibuya, observant le Hachiko toute la journée, rêvant de vivre ici, vibrant en écoutant les bruits et les conversations.

Je voulais emporter un peu du Japon avec moi au Royaume Uni, et tenter de préserver le temps passé là-bas pour pouvoir le revivre. Les caméras à l'époque faisaient la taille de lance-roquettes, et coûtaient une blinde. Je me suis acheté un Mini Disc (est-ce que ça existe encore de nos jours ?) et un micro que vous pouvez voir dans la photo. J'ai pu enregistrer le son de Shibuya et capturer le bruit de la foule, y compris des conversations des gens attendant leurs amis près de moi.

De retour au Royaume Uni, j'ai disposé des hauts-parleurs dans ma chambre et j'ai écouté les enregistrements de Shibuya, les yeux fermés. J'y étais de nouveau, instantanément.
Je savais que je ne pourrais pas y retourner avant au moins un an, avant que je n'ai accumulé assez d'argent du Benihana, mais écouter les bruissements de Shibuya me motivait tellement que je les laissais tourner pendant que je continuais à apprendre le japonais.
Sur la photo, vous pouvez voir mon premier bureau, fait d'une vieille enceinte avec un plateau de verre par-dessus.
A cette époque, j'avais été plusieurs fois au Japon. Vivre et travailler là-bas n'était plus seulement un rêve, mais un rêve que j'avais transformé en une réalité.
Le poster sur le mur est celui d'un coucher de soleil sur Shinjuko, et quand je le regardais, tous les jours, je me répétais :
- Je dois réussir à aller au Japon.
- Je dois réussir à aller au Japon.
- Je réussirai à aller au Japon.

Mon mur de cuisine au Royaume Uni, avec des photos de Nishida Hikaru entourées de photos que j'ai prises au Japon. Je voulais rester motivé tout le temps, ce qui signifie que je devais voir le Japon partout dans la maison ^^;

Une autre photo de notre cuisine. Sur le mur, un poster d'un coucher de soleil à Hiroshima. En dessous se trouve un autre des tableaux de kanji que j'avais fait.

Au Japon, un jour que j'attendais dans la file pour le concert de Nishida Hikaru, j'ai vu un gars avec une brochure du concert. J'ai décidé de le rejoindre et de me présenter. Nous avions quelque chose en commun qui nous permettait de communiquer plus facilement : nous adorions tous les deux Nishida Hikaru ! Nos somme devenus de bons copains, et quand il m'a présenté à ses amis, mon réseau de connaissances japonaises a commencé à s'étendre.
Le monde est vraiment petit et je l'ai retrouvé plusieurs années plus tard quand j'ai découvert que nous travaillions tous les deux dans le même immeuble quand j'étais chez Amazon Japan @.@

Quelques trucs que j'ai acheté pendant que j'étais au Japon. Les photos sont des Nama Shashin [生写真] et peuvent encore être trouvées à Harajuku.

J'aimais *beaucoup* Hikaru Nishida. J'ai fait ce dessin d'elle et moi dans les rues pleines de magasins de Tokyo comme je m'en souvenais, mélangeant Akihabara et Shinjuku.
Rencontrer Hikaru était un autre de mes rêves. Une année, étant à Tokyo, j'ai attendu Hikaru à l'entrée des artistes du Kousei Nenkin Hall à Shinjuku et j'ai pu lui offrir quelques cadeaux ayant pour thème Marilyn Monroe, qu'elle aimait beaucoup.
Cette nuil là, j'ai acheté un gros bouquet de fleurs et j'ai attendu devant la salle que le concert finisse. J'avais des rollers et mon plan était de poursuivre sa voiture, de la rattraper à un feu rouge et de lui offrir le bouquet.
Cependant, un des gardiens de la salle n'a pas du apprécier mon allure et juste avant qu'elle sorte, 7 gardiens (ou plus) se sont jetés sur moi et m'ont plaqué au sol jusqu'à ce que sa voiture soit hors de portée.
Une fois que la voiture d'Hikaru était partie, les gardiens m'ont laissé au milieu de la route. Je me suis relevé, un peu étourdi après m'être fait frappé. Les fleurs avaient toujours un air correct, je les ai donc ramassées et j'ai skaté en direction de la voiture d'Hikaru aussi vite que j'ai pu. Le destin était de mon côté et j'ai pu rattraper sa voiture qui était coincée au feu rouge. Elle baissa sa fenêtre avec un air désolé et accepta mes fleurs. Je ne crois pas que la décision de m'envoyer les gardiens était de son fait. Ou tout du moins, c'est ce que j'aime à penser ^^;

J'ai essayé de faire la même chose l'année suivante au même en droit, mais en restant bien caché cette fois. Malheureusement le destin ne m'a pas souri une seconde fois et les feux étaient plus verts que vert. Je me souviens avoir poursuivi sa voiture sur mes rollers à travers Shinjuku, au milieu de la route, avec mes fleurs à la main, jusqu'à ce que mes poumons soient en feu. Mon asthme avait eu raison de moi.
J'ai battu en retraite et me suis assis devant une boutique de pachinko, pleurant à chaudes larmes jusqu'à ce qu'une dame vienne me voir pour me demander si j'allais bien. Je lui ai répondu que oui, et lui ai offert les fleurs. C'est une photo que j'ai prise à ce moment.

J'ai eu le sentiment que je devais aller a l'université pour apprendre le japonais académique afin de me rapprocher de mon rêve de travailler au Japon.
Jusqu'à maintenant, j'avais été autodidacte dans mon apprentissage du japonais. Mon japonais oral était plutôt familier et je ne crois pas que j'aurais pu aller loin dans mon ascension sociale japonaise sans l'avoir amélioré par un apprentissage à l'université.
J'ai donc décidé de passer le diplôme de langue japonaise BA à la SOAS (School of Oriental and African Studies - University of London). C'est normalement un diplôme qui se passe en 4 ans mais mon niveau de japonais était suffisamment élevé pour me permettre, à l'issue d'un entretien, de passer directement en deuxième année.
J'en ai aussi profité pour suivre le cours de coréen en même temps. J'ai été fasciné par cette langue dont la grammaire est à 90% similaire à celle du japonais, que je connaissais déjà, du coup ça ne m'a pas posé de problèmes.

Ceci est une partie des devoirs d'il y a longtemps. C'est très important d'écrire le japonais le plus possible et d'apprendre en l'écrivant plutôt que de le taper.

Durant la plus grande partie de mes études à SOAS, j'ai continué a travailler à temps partiel au Benihana, même si cela ressemblait davantage à un emploi à temps complet, travaillant du lundi au vendredi et aussi pendant la plupart des week-ends. Les horaires allaient de 17h jusqu'à minuit parfois. Il fallait malgré tout encore trouver du temps pour les devoirs et les révisions ce qui fait que je les réalisais souvent pendant le repas de l'équipe où je pouvais en plus parler japonais avec les autres membres du personnel.
Le Benihana est aussi l'endroit où j'ai rencontré ma femme, qui travaillait là comme serveuse. Si ce n'avait été à cause de mon intérêt dans la culture nippone, je n'aurais probablement jamais accepté la place dans ce restaurant et je ne l'aurais probablement pas rencontrée !

Alors que ma mère et mon père me parlaient en cantonais, je n'ai pas eu l'opportunité d'aller dans une école chinoise et je n'ai donc pas appris à lire ou écrire le chinois. Après avoir rencontré ma femme, j'ai décidé que je voulais apprendre le chinois pour communiquer avec sa famille, et j'ai à nouveau fait cela par moi-même en utilisant des livres japonais permettant d'apprendre le chinois, comme ceux sur la photo.

Avant de nous marier, ma femme et moi avons décidé de vivre ensemble, et vous pouvez voir l'endroit où nous avons vécu à Earls Count. L'appartement était si petit que le futon prenait pratiquement toute la pièce quand il était déplié, ce qui fait que nous devions le replier tous les jours.
La pièce avait aussi d'autres locataires sous la forme d'insectes qui s'introduisaient entre les lattes du plancher pour venir me mordre. Ce qui est marrant c'est qu'ils n'ont pas trouvé ma femme à leur goût et qu'ils l'ont laissée tranquille ^^;
Les propriétaires ne voulaient rien savoir et on s'est retrouvé coincés avec un contrat d'un an. On a fini par payer de quoi faire un nouveau plancher pour couvrir l'ancien. Sur la photo, je suis en train de clouer les plaques de sol que nous venions de ramener du magasin de bricolage.

Sur la droite, notre cuisine, où nous faisions aussi notre lessive dans l'évier, et sur la gauche notre salle de bain. L'endroit était petit et étriqué mais c'était tout ce que nous pouvions nous payer. La chose importante était que nous étions ensemble *^^*
Je passais mes journée à étudier à la SOAS et je retrouvais ma femme après les cours au Benihana. Ensuite, nous travaillions ensemble jusqu'à minuit et enfin, nous rentrions à la maison, elle sur le vélo, moi accroché à la selle avec mes rollers aux pieds.
Une nuit alors que nous étions sur le chemin du retour un vieil homme m'a soudainement attrapé et m'a jeté au sol...
- Tu es une menace ! cria-t-il...
Je me suis retrouvé tremblant de rage, mais j'ai compris qu'il ne servirait à rien de rentrer dans son jeu.

Après un an dans l'appartement d'Earls Court, nous avons décidé de déménager et de trouver un endroit moins cher. C'était sympa d'avoir notre petit nid mais c'était un peu onéreux, du coup nous avons loué une pièce dans la maison d'un de nos amis à Whitechapel. Nous partagions la cuisine, la salle de bain et les toilettes avec les autres personnes qui louaient aussi des chambres dans la maison.
Avec la baisse de notre loyer, nous avons pu nous offrir un emprunt afin d'acheter l'ordinateur que vous pouvez voir au fond de la pièce, qui coûtait dans les 1600£ ! C'était une machine sous windows 95 avec un disque dur de 4GB et un modem 56k (ou 256k, je ne sais plus). C'est de là que je tiens mes compétences en informatique. J'ai suivi le cours d'informatique au lycée mais je l'ai raté.
A cette époque, je voulais l'utiliser en japonais, mais le support pour de multiples langues n'existait pas. J'ai dû apprendre à partitionner un disque dur avec FDisk et à installer Image Magick afin de pouvoir utiliser un Windows anglais et un japonais. Si vous utilisez un système multilingue, essayez d'en changer la langue pour celle que vous êtes en train d'apprendre. Cela vous oblige à apprendre de nouveau mots à chaque fois que vous utilisez votre ordinateur.
J'ai aussi installé un Windows 95 chinois et un coréen sur d'autres partitions, ce qui m'a aidé à apprendre ces langues.
C'était la première fois que j'avais accès à internet et j'ai pu découvrir et apprendre beaucoup sur la culture japonaise, et aussi sur d'adorables filles en 2D. Notre première facture téléphonique fut effrayante ^^;

Pendant mes dernières années à la SOAS, j'ai quitté le Benihana et j'ai trouvé un temps partiel dans un autre restaurant près de la rue d'Oxford, appelé Ikeda. J'ai juste travaillé là bas quelques mois avant de déménager, mais j'ai vécu quelques expériences inoubliables, comme celle où le boss nous a crié dessus en nous disant qu'elle allait déduire le prix des plats et des assiettes de notre salaire si nous ne les utilisions pas correctement.
Je me souviens aussi que nous devions avaler notre repas en 5 minutes avant l'ouverture du restaurant. Plus sérieusement, travailler dans un restaurant est un très bon moyen de se préparer aux relations sociales. Ça peut être un travail très dur et stressant, néanmoins c'est aussi un travail qui peut être exaltant et vous permettant de rencontrer beaucoup de monde.
Désormais quand je mange dans un restaurant, j'ai pris l'habitude d'essuyer la table et d'empiler les assiettes en attendant le serveur/la serveuse car je sais exactement ce qu'ils vivent.
Cette photo a été prise à un arrêt de bus là où j'attendais le bus de nuit pour retourner à Whitechapel.

Après l'Ikeda, j'ai réussi a me trouver un travail à temps partiel à la Japan Airlines. Un des mes professeurs à la SOAS donnait des prospectus à l'issue d'une des leçons, qui proposaient aux étudiants avec une bonne maîtrise du japonais et de l'anglais de guider les passagers japonais autour de l'aéroport de Heathrow.
Je suis donc allé postuler et j'ai eu l'emploi. Comme j'étais toujours à l'université, je portais souvent mon uniforme en classe avant de me rendre directement à l'aéroport. En prime je n'avais pas besoin de réfléchir à ce que je devais porter, du coup ça me convenait.
J'ai beaucoup appris en faisant ce job et en rencontrant des japonais avec qui je discutais tout en les guidant d'un terminal à l'autre. Ils utilisaient des mots nouveaux dont je trouvais la définition dans un dictionnaire électronique que j'avais coincé dans mon calepin. Le voyage jusqu'à l'aéroport était long mais je passais le temps en lisant des manga comme Crayon Shin-chan que vous pouvez voir sur la photo.
Le femme présente sur la photo est Reiko. On se détestait au début mais nous somme devenus de bons amis avec le temps. La clef était de communiquer. Un manque de communication amène à un manque de compréhension et quand les gens deviennent têtus et refusent de communiquer, les deux parties y perdent, alors qu'une amitié peut enrichir votre vie.

Je me souviens avoir hurlé "Wooo Hoooo !!" tout en sautant de joie dans le couloir. Ma femme et moi sommes allés à la SOAS pour vérifier les résultats sur le panneau d'affichage, et j'ai vérifié deux fois pour être sûr qu'il n'y avait pas d'erreur.
Je n'étais pas certain de ce que j'attendais puisque je savais que j'avais raté mon dernier devoir ! J'ai aussi entendu dire que seulement 10% des diplômés au Royaume Uni obtenaient les honneurs. Un de mes enseignant m'a dit "tu as les honneurs, tu n'as pas besoin du JLPT niveau 1".
Quand je me tourne vers le passé je pense que j'ai tendance à mieux travailler quand je suis sous pression. Durant toutes mes études à la SOAS, j'ai travaillé à mi-temps dans des restaurants ou à l'aéroport, ce qui ne me laissait pas beaucoup de temps pour étudier mais m'a aussi aidé à étudier/travailler de manière plus efficace, et donc d'en faire plus. Je pense qu'une chose très importante est que les emplois que j'avais m'ont aidé à apprendre le japonais en travaillant.
Aucun travail n'est meilleur que celui qui vous permet de vivre et de pratiquer vos passions. Si vous cherchez un travail à mi-temps pendant vos études, essayez d'en trouver un où vous pourrez aussi faire ce que vous aimez, l'argent deviendra ainsi presque comme un bonus.

Après avoir été diplômé de la SOAS, Japan Airlines m'a proposé un entretien d'embauche pour un job à plein temps. Ils connaissaient mes capacité dans l'informatique que j'avais pu acquérir par moi-même et m'ont demandé si j'accepterais de rejoindre leur compagnie en tant qu'ingénieur en informatique pour leur division appelée JAL Avionet.
Je me suis rendu à l'entretien et ai eu l'emploi. C'était il y a longtemps mais je me souviens avoir été très très stressé car c'était mon premier travail à plein temps en tant que salarié d'une entreprise.
Ceci est une photo du bureau à Hammersmith à Londres, vous pouvez voir mon emplacement de travail dans le coin en bas à gauche, là où se trouve le Probot d'Empire Strikes Back sur le bureau.

Mes responsabilités à JAL Avionet étaient d’exécuter des opérations de maintenance sur le système de réservation de Japan Airlines à travers l'Europe mais aussi de s'occuper des clients Japonais comme Marubeni, Mitsui Kaijo et NTT Data.
Pendant mon temps libre au travail, j'ai pris l'initiative d'apprendre le HTML et de créer un site intranet. Il a fallu que j'apprenne comment réaliser des boutons, j'ai donc appris à utiliser des utilitaires graphiques tels que Paint Shop Pro.
Cette photo a été prise en Italie où nous avons passé quelques jours pour nous occuper de quelques équipements JAL. Comme vous pouvez le voir, les terminaux étaient plutôt retro ! Certains d'entre eux avaient tourné en continu pendant des années et étaient remplis de suie électrique noire. Du coup pour ouvrir les terminaux, ce qui était très dangereux, nous devions porter des gants en caoutchouc.

J'étais satisfait par JAL Avionet. C'était mon premier travail à temps plein et en plus avec une entreprise japonaise. Certains membres du personnel étaient japonais et je pouvais beaucoup pratiquer.
Mais ce n'était toujours pas le Japon et je n'étais pas prêt à laisser s'envoler mon rêve japonais que j'avais d'aller là bas pour y vivre et y travailler.
J'ai donc commencé à prospecter en ligne pour trouver un autre travail et quelque chose m'attira l'oeil sur un site de recrutement appelé Peoples First. L'emploi était à Tokyo et la description quelque chose comme "Web marketing en Asie du sud est. Recherche natif parlant anglais avec bonne maîtrise du japonais/chinois et qui connaît internet."
Mmmmh. Je connais un peu internet ! J'ai tout de suite postulé pour l'emploi et je suis rentré à la maison tout en joie. A peine rentré, j'ai dit à ma femme :
- Nous partons pour le Japon !
Elle répondit par un sourire ^^
Quelques jours plus tard, j'ai reçu un appel afin de rencontrer le manager général (David Swinbanks) de Nature Japan qui s'était déplacé au Royaume Uni pour réaliser les entretiens. L'entretien a duré une heure et impliquait de lire un article scientifique en japonais ^^;
David ne s'attendait pas à trouver quelqu'un qui pouvait aussi parler coréen, ce qui était plutôt pratique pour lui puisque le marché de Nature Japan couvrait aussi la Corée.
Après le premier entretien, je suis rentré à la maison et je suis resté réveillé toute la nuit pour réaliser un brouillon de site pour Nature Korea que vous pouvez voir ici. A l'époque de l'entretien ils n'en avaient pas et durant l'entretien j'avais mentionné combien il serait stratégique et important pour Nature d'en avoir un. J'ai sauvegardé les fichiers sur une disquette, imprimé une capture d'écran, et trouvé dans quel hôtel David séjournait grâce à l'agence de recrutement. Je suis ensuite allé à l'hôtel et j'ai glissé l'ensemble sous sa porte avant de partir.
Cette nuit là j'ai reçu un appel de l'agence de recrutement qui me disait que David voulait me rencontrer à nouveau et qu'il était "surpris par ce qu'il avait trouvé". J'ai donc été le voir et il m'a dit qu'il voulait m'envoyer dans leurs locaux de Tokyo pour une semaine de tests et d'entretiens, mais qu'il ne pouvait pas me garantir un emploi maintenant. Il payerait pour le ticket et l'hôtel, et je me chargerai du reste.
Je me suis donc retrouvé à Tokyo et j'ai passé une semaine dans les bureaux de Nature à Ichigaya. Je devais faire du prévisionnel, ce que je n'avais pas encore fait jusqu'à maintenant, et trouver un algorithme qui marcherait. J'ai utilisé Excel pour les prévisions en me basant sur les données des années précédentes, mais je n'avais pas pris en compte les facteurs extérieurs.
Sans l'expérience me permettant de comprendre comment les choses telles que les saisons affectent les ventes, mes prévisions étaient fausses, mais j'ai tout de même fait de mon mieux pour trouver les chiffres exacts.
Heureusement, David recherchait quelqu'un avec de la volonté plutôt que quelqu'un qui savait tout.
J'ai aussi réalisé la traduction de quelques articles scientifiques, ce qui n'est pas vraiment enseigné à l'université ^^;
La semaine, intense et pleine d'entretiens, arriva très vite à sa fin, et je me retrouvais dans le bureau de David.
- Merci d'être venu à Tokyo. Nous vous donnerons notre réponse quand vous serez de retour au Royaume Uni.
J'ai commencé à imaginer le stress causé par 12 heures d'avion passées à m'inquiéter de sa réponse et j'ai répondu :
- Je n'aurais probablement plus un seul ongle, pas même sur mes doigts de pieds, après avoir passé mon temps à les ronger en attendant une réponse, j'aimerais bien l'avoir maintenant si possible ^^"
David rit avant d'ajouter qu'il m'appellerait pendant le weekend.
Je suis rentré à l'hôtel complètement dévasté, mais malgré tout je savais que j'avais fait absolument *tout* ce que je pouvais faire. Tout. Je m'étais préparé dans l'éventualité d'une telle chance depuis des années, apprenant non seulement le japonais, mais aussi la technologie. J'ai eu une opportunité, et j'ai fait de mon mieux. Je voulais tellement aller au Japon. Je devais être au Japon.
Cette nuit-là, j'ai craqué et pleuré dans mon sommeil ^^; lol
Le téléphone de l'hôtel sonna un dimanche matin pluvieux. C'était David.

Le résultat du coup de téléphone fut qu'en juillet 1999, ma femme et moi eurent à empaqueter nos affaires afin de les déposer chez ma mère (^^;) et d'acheter nos allers simples pour le Japon.
Mon rêve était devenu une réalité. J'allais vivre et travailler au pays du soleil levant. Tout le travail des années passées payait enfin. Découvrez et vivez votre passion, le reste suivra. Le reste suit toujours. N'abandonnez jamais. Ne vous créez pas de barrières et surtout ne laissez pas les autres personnes placer des barrières pour vous. Ecoutez votre coeur et foncez.
Nous avions économisé assez d'argent à la banque pour commencer notre nouvelle vie. Il ne nous restait plus qu'à remplir quelques valises et à dire au revoir à papa.

Cette photo a été prise avec papa, sa femme, et ma plus jeune soeur à son studio de la rue Connaught, à Londres, juste avant que je ne déménage pour le Japon il y a 13 ans. Ma soeur cadette vit désormais à San Francisco et fait des études d'architecte d'intérieur. Parfois nous parlons sur Skype et je m'amuse à l'embêter en parlant aussi fort que je peux pour réveiller sa colocataire ^^;
Et pour les personnes qui se demanderaient, je n'ai aucune intention de prendre la relève de mon père. J'ai déjà ma propre entreprise et j'aime ce que je fais. De plus, je ne peux même pas imaginer travailler dans un domaine où les filles en 2D n'existent pas ! Mon entreprise génère assez de profit pour que ma femme et moi ayons de quoi vivre confortablement, et pour que j'agrandisse mon affaire, c'est tout ce dont j'ai besoin.
Je ne sais pas si j'hériterai de quoi que ce soit, mais si jamais ça arrive, mon héritage ira dans la construction d'écoles pour les moins fortunés. En fait, maintenant que j'y pense, l'argent devrait être investi dans le développement de cyborgs capables de tirer du caca au visage des brutes des terrains de jeu. Est-ce que je vous ai déjà dit que je détestais les brutes ?

C'est là que je me suis assis pour la première fois dans les bureaux de Nature Japan. C'étais une expérience si enrichissante et j'ai tellement appris. On m'a donné un Mac et j'ai totalement détesté m'en servir ! Je me suis occupé du marketing et je me suis aussi occupé de gérer des tâches telles que la gestion des adhésions, la construction de sites portails, la vérification de traduction, et le lancement de journaux dans certaines régions.
A l'inverse des bureau du JAL au Royaume Uni, les bureaux de Nature au Japon avaient beaucoup de visiteurs, comme ce gars qui venait quotidiennement nous ramener les lettres et les colis. J'ai commencé à apprendre les termes de bureau que je n'avais jamais entendu au Royaume Uni, comme "Otsukaresama desu" [お疲れさまです], qui est une forme de salutation entre collègues et salariés.

Le premier endroit où nous avons vécu est un petit appartements dans la banlieue de Tokyo, à un endroit nommé Higash Fushimi. Comme nous n'avions pas beaucoup de place, on utilisait le placard comme une table.
Un an après avoir déménagé au Japon, j'ai créé le nom de domaine dannychoo.com sur un service d'hébergement mutualisé. La raison principale qui m'a motivé fut d'avoir un endroit pour expérimenter avec des technologies comme MySQL, HTML, CSS et d'autres. J'ai aussi commencé à apprendre à utiliser Photoshop et Illustrator.

Nature était une entreprise fantastique pour laquelle travailler. C'était le premier environnement de travail typiquement japonais dans lequel j'ai pu travailler et qui m'a exposé à beaucoup de choses que je ne connaissais pas comme des coutumes et des manières de faire. J'ai beaucoup appris au sujet de la publication, du marketing et des technologies, et j'étais plutôt satisfait par le salaire qui me permettait une vie agréable.
J'ai atteint beaucoup d'objectifs pour l'entreprise et lancé beaucoup de journaux spécifiques aux régions, ce qui est aussi très gratifiant.
Mais j'ai commencé à réaliser que j'étais tombé dans une des situations les plus dangereuses qui existent et dans laquelle n'importe qui peut se retrouver : quelque chose que j'appelle la Zone de Confort. Les êtres humains ont des besoins vitaux tels que la nourriture ou un abri, et se sentir dans un certain Confort signifie que vous êtes dans une position où vous pouvez répondre à ces besoins. Beaucoup de gens qui veulent atteindre leur rêve ne le font pas parce qu'ils ont peur de quitter la Zone de Confort, car il y a un risque tel que celui de perdre la capacité de répondre aux besoins vitaux. La Zone de Confort fait qu'il devient difficile d'avancer.
Les êtres humains agissent selon des nécessités, et quand il n'y en a plus, les humains n'agissent plus. Si les besoins vitaux sont comblés, il n'y a généralement aucune raison d'en faire plus.
Néanmoins réaliser que l'on se trouve dans la Zone de Confort est un bon début, et cette prise de conscience m'a aidé a en sortir et à retourner parler à des recruteurs partout à Tokyo. J'ai été à de nombreux entretiens, dont certains mémorables, comme celui où j'ai du courir dans la pluie en portant un costume durant un été de plomb, ou ceux où on m'a rit au nez car je ne savais pas écrire un CV.
Ce saut en dehors de la Zone de Confort a été le premier pas d'une carrière au Japon qui a complètement changé ma vie en quelques mois. J'avais atteint mon objectif d'être au Japon, mais j'en voulais plus.

Pendant mes pérégrinations, j'ai trouvé une agence de recrutement sur internet appelée Job Dragon où j'ai pu choisir les emplois qui me plaisaient et envoyer des CV. J'ai reçu un appel du PDG (Mark) de Job Dragon qui voulait me rencontrer. Je m'y suis rendu et j'ai été surpris de voir Mark en possession d'impressions de mon site web.
- Vous avez vraiment fait ça ? dit-il en parlant du design.
La capture d'écran ci-dessus représente ce qu'il avait en main à ce moment-là. J'étais tellement embarrassé.
Les objets bleus avait été créés dans 3D Max et le reste avait été réalisés en utilisant des calques dans Dreamweaver. C'est là que j'ai appris à quel point il est important d'avoir un profil en ligne. Depuis ce jour, mon profil en ligne est l'outil primordial que j'ai constamment utilisé pour faire avancer ma carrière et je recommande à tout le monde de se faire son propre profil, même si ce n'est qu'un compte Linkedin.
Les gens ne risquent pas de deviner quelles cordes vous avez à votre arc si vous ne leur dites pas. Etre silencieux à propos de ses talents c'est un peu comme attendre que quelqu'un sonne à votre porte et vous dise :
- Hey ! Vous êtes la personne qui a tout ce qu'on recherche, vous êtes recruté !"
Entre nous, ça ne risque pas d'arriver.

Le CTO (Nick) est ensuite arrivé pour me parler et discuter des possibilités pour que je travaille pour eux. Au fil de la conversation, j'ai suggéré qu'un site pour mobile pourrait être très bénéfique pour Job Dragon afin de leur permettre d'augmenter le taux d'utilisation de leurs services.
De 1999 jusqu'à 2001, ma femme et moi avions décidé d'économiser de l'argent et de ne pas acheter de téléphone mobile, mais ensuite nous avons pensé qu'il était temps d'investir dans une paire de portables vu que je voulais réaliser le site mobile pour Job Dragon, pour leur prouver que je pouvais faire l'affaire. Je n'ai pas de capture d'écran du site que j'avais fait pour Job Dragon, mais voici l'ancienne version mobile de dannychoo.com que j'ai fait dans la foulée.
Nick semblait avoir apprécié ce que j'avais fait mais n'était pas convaincu jusqu'à ce que je fasse d'autres tests en ligne. Il m'a ainsi donné le lien d'un site où j'ai dû faire des tests HTML et Dreamweaver. J'ai réussi les deux tests et juste après je me suis vu offrir une position à plein temps chez Job Dragon en tant que producteur de contenu.

Ce fut dur, très dur d'apporter ma lettre de démission à l'homme qui avait cru en moi et qui m'avait emmené au Japon, David. Même quand je n'avais aucune expérience dans le marketing, David avait vu en moi le potentiel d'un homme qui pouvait faire beaucoup pour Nature durant la semaine que j'avais passé à Tokyo.
J'ai laissé David avec des ventes accrues du journal Nature Journal en Corée, un site en coréen, des coûts et un délai de livraison en Corée réduits, et plusieurs journaux lancés tels que Nature Genetics, Nature Molecular Cell Biology et Nature Neuroscience dans le Sud Est Asiatique, ainsi que Nature Immunology au Japon et en Corée.
Cette photo a été prise à mon bureau dans les locaux de Job Dragon à Omotesando.
Trois mois après que j'ai rejoint Job Dragon, ils ont rencontré un gros problème financier et ont du me laisser partir avec quelques autres. C'était ma première expérience du genre. Le PDG Mark emmena trois d'entre nous dans une pièce à part pour nous annoncer la mauvaise nouvelle. Mark pleura et j'étais en état de choc, ayant quitté un travail stable chez Nature pour me faire virer quelques mois plus tard chez Job Dragon.
Mais tout dans la vie arrive avec une raison et chaque évènement est une pièce d'un puzzle que l'on collecte à mesure que la vie avance.
Comme Job Dragon était une agence de recrutement, ils avaient aussi beaucoup de contacts et n'allaient pas nous laisser sans rien.
Mon CV fut envoyé à plusieurs entreprises telles que eBay Japan et Amazon Japan. J'ai eu beaucoup d'entretiens et aussi 4 offres d'emploi simultanées ^^; J'ai eu quelques entretiens avec Amazon à leurs bureaux de Shibuya et par téléphone avec divers managers de leur siège à Seattle. A l'issue de ces entretiens, mon boss Anne prit l'avion jusqu'au Japon pour être sûre que j'étais celui qu'il fallait.
Voici la question que l'on m'a posée quand j'ai passé l'entretien pour le poste. Comment y répondriez-vous ? Il y a une bonne et une mauvaise réponse et vous n'avez pas besoin d'être technicien pour savoir. Juste parce que vous passez un entretien, ne répondez pas d'une manière dont vous pensez qu'elle est attendue par votre interlocuteur. Alors, comment y répondriez-vous ?
Vous êtes en train de travailler sur l'inauguration d'une nouvelle fonctionnalité d'un site et cela occupe toute votre équipe.
Un chef d'entreprise (disons dans le marketing) vous dit qu'il a besoin d'une nouvelle fonctionnalité pour son site dans l'urgence et qu'ils s'attendent à un afflux de visiteurs par milliers, ce qui amènerait à des millions de dollars de ventes. Que faites-vous ?
J'ai fini par utiliser cette même question à toutes les personnes à qui j'ai fait passer un entretien pour Amazon ^^;
Après qu'eBay et Amazon m'aient offert un poste, mes recruteurs les ont opposés dans une concurrence pour le salaire. Plus ils payaient, plus le recruteur touchait (environ 30% de mon salaire annuel). eBay a fini par proposer *beaucoup* plus mais j'ai choisi Amazon. Je me sentais plus familier avec l'e-commerce qu'avec des enchères.
Job dragon m'a embauché, puis licencié, et finalement m'a placé, et les 30% qu'ils ont obtenu pour m'avoir présenté à Amazon ont largement payé le salaire des mois passés chez eux.
Amazon fut le bon choix, vu que eBay Japan a plié bagages et quitté le Japon. Je suis resté en contact avec le DRH d'eBay qui a fini par me demander d'embaucher son équipe. J'en ai pris deux d'entre eux.

Quand Rusty, mon chasseur de tête, me dit :
- J'envoie ton CV à Amazon pour un poste de Website Manager"
Je l'ai regardé avec des yeux ronds. J'ai ensuite répondu :
- Ok.
Dans les mois suivants mon départ de chez Nature, je me suis retrouvé dans l'équipe de management d'Amazon à travailler avec le directeur Jasper Cheung pour faire marcher l'entreprise. Je m'occupais de tous les aspects du déploiement du site et j'avais une équipe fabuleuse de 30 personnes pour m'aider.
Il y a peu j'étais en plein dans la Zone de Confort et tout d'un coup je me suis retrouvé à gagner le triple du salaire que j'avais chez Nature avec pas mal d'actions AMZN, en train de gérer un des plus gros sites du monde.
J'ai rejoint Amazon, étant le plus jeune de l'équipe de management, en tant que Website Manager. Ce nouvel environnement était un énorme défi. La technologie Amazone était tellement incroyable qu'elle semblait venue d'un autre monde. J'ai appris que j'étais là pour m'occuper de l'équipe, et j'ai appris de nouveaux mots de japonais tandis que je travaillais avec divers départements tels que les ventes, les achats, le merchandising, les finances, le droit, la distribution, le marketing, les services web, les relations publiques, les ressources humaines, la chaîne de production, et l'IT. Une liste de tout ce que j'ai pu faire chez Amazon est disponible sur le post Working at Amazon and Microsoft.
J'ai travaillé dans des conditions de travail internationales chez Nature, mais pas à l'échelle d'Amazon où tous les trimestres je voyageais soit au Royaume Uni, en France, en Allemagne, soit aux USA pour rencontrer les autres Website Manager afin de planifier l'avenir de notre site. J'ai aussi pu faire l'expérience des politiques intérieures de l'entreprise. Etant le membre le plus jeune de l'équipe de management, certains autres membres ont remis en question mes capacités. Certains ont même demandé aux ressources humaines de faire passer des entretiens à mon équipe pour savoir si j'étais un bon manager.
Mais il s'avère que j'étais vraiment fait pour ça et j'ai continué à travailler dur sur les calendriers des projets pour que mon équipe puisse rentrer chez elle à 18h, alors que d'autres manager faisaient travailler leur équipe jusqu'au petit matin. Le taux de rotation des effectifs pour la Production Web était un des plus petits tandis que le moral était au beau fixe. Nous avons lancé de nombreux projets que nous avons terminé dans les temps et dont le résultat final représentait ce qui était attendu.
En tant que manager chez Amazon, j'ai dessiné un graphique circulaire (un camembert) que mon équipe a commencé à appeler "Danny's Pie" (ndt : la tarte de Danny, les graphiques circulaires étant appelés en anglais "pie's chart"). Si vous le prononciez assez vite, cela ressemblait à "Danny's Oppai".
Le graphique est divisé en trois parties, et chaque partie représente 8 heures. Si vous partez du principe que vous travaillez 8 heures et que vous dormez 8 heures, alors il vous reste 8 heures, soit une part de tarte. J'ai ensuite commencé à découper la part restante.
Les 8 heures sont nécessaires à l'hygiène personnelle, à l'absorption de nourriture, à la santé, au ménage, et toutes ces tâches qui sont importantes dans la vie mais qui ne contribue pas vraiment à votre carrière ou à votre développement personnel.
Si vous soustrayez le temps nécessaire pour toutes ses tâches de la dernière par de tarte, tout ce qui vous reste est environ 4 heures pas jour que vous devez utiliser pour vos amis, votre famille, vos loisirs, et votre développement personnel (comme apprendre quelque chose de nouveau, améliorer vos talents, faire de la recherche, etc...).
Maintenant imaginez que vous passez plus de 8 heures au travail. Afin de faire tout le reste, vous devrez soit dormir moins, soit ne pas faire certaines choses. Certaines personnes qui travaillent longtemps ne font plus de "développement personnel", chose que je considère cruciale pour le développement d'un employé, de sa carrière et de son bien-être.
En dehors du travail et du sommeil, si vous n'avez pas vos 8 heures peut être que vous devriez faire quelque chose à propos de ça. Peut être que ce sont ces 8 heures qui font que votre apprentissage du japonais est toujours repoussé au 36 du mois ?

Ma nouvelle paie nous a permis de louer un appartement dans le centre de Tokyo, et c'est ce à quoi ressemblait mon plan de travail dans le temps. Je croyais encore en Windows. Mon équipe utilisait des Macs et j'avais l'habitude de leur dire :
- En dehors des mail et du web, vous faites quoi avec vos Macs ?!
Comme vous pouvez le constater, à ce moment j'ai commencé à être influencé par Gundam et à monter quelques kits.

En 2003, Amazon a lancé un service appelé Amazon Web Services (AWS), une API qui permettait à n'importe quel développeur d'accéder aux catalogues d'Amazon au format XML. Avec AWS, n'importe qui pouvait créer un magasin en ligne rempli de produits Amazon.
J'ai travaillé avec l'équipe chargée d'AWS à Seattle afin de traduire et de lancer le service au Japon. Afin de tester l'efficacité du service, j'ai profité de l'opportunité pour créer durant mon temps libre le premier site utilisant AWS du Japon appelé Mitsukatta et visible dans la capture d'écran. Les personnes haut placées d'Amazon ont tellement aimé le site qu'ils ont décidé de l'utiliser comme exemple durant la conférence de presse suivant le lancement officiel du service au Japon. Le service était toujours jeune et je voulais travailler davantage avec AWS pour aider à l'améliorer.
J'ai commencé à apprendre des choses telles que le "server side caching" et la SEO, des choses que tout utilisateur potentiel d'AWS devrait apprendre. Avec la permission du directeur des finances, j'ai pu mettre en place un tag Amazon associates dans les liens des produits vers le site d'Amazon. Ceci signifie que si quelqu'un achetait un produit via un de mes liens, je gagnais une commission.

A la base, je me suis dit que ça serait cool de gagner assez d'argent pour payer la facture de téléphone qui s'élevait à environ 6,000 yen par mois. Plus j'en apprenais avec Google Sensei au sujet des technologies nécessaires à l'optimisation de mon site, plus j'ai commencé à gagner. J'ai fait remonter ce que j'avais appris à Amazon et je suis passé de "assez pour payer le téléphone" à "plus que je ne pouvais imaginer".
Les 28 millions de yen que vous voyez dans le tableau ci-dessus représente les revenus générés par Amazon grâce à mon site en quelques semaines seulement. Pour me "remercier", Amazon m'a versé 1,857,732 yen (environ 23,090 USD selon le taux de change du jour) comme commission pour cette période.
J'ai réalisé que si j'avais davantage de ces sites internet alors je pourrais faire beaucoup plus d'argent, du coup j'ai réalisé environ 30 sites ayant chacun un design différent, et chacun me permettant de tester quelque chose de nouveau.
Mon travail chez Amazon était une position de manager, ce qui signifie que les meetings étaient suivis d'emails, suivis de meetings eux-même suivis d'emails... ce qui signifiait qu'il m'était impossible de programmer au travail. Mes heures de temps libre étaient les seules durant lesquelles j'ai pu travailler sur les sites et durant lesquelles j'ai pu travailler mes compétences Unix pour m'occuper des serveurs Apache.

J'ai commencé à réaliser le potentiel du Amazon Web Services si nous l'utilisions comme outil interne aussi, et j'ai commencé à créer des prototypes du site d'Amazon fonctionnant uniquement sur AWS pendant mon temps libre. Ce qui prenait normalement plusieurs mois à une équipe de centaines de personnes pouvait désormais être réalisé par un seul développeur en quelques jours. Les prototypes ont ouvert les yeux à beaucoup d'ingénieur de l'entreprise en leur prouvant à quel point AWS était puissant.
Un subordonné sous les ordres directs de Jeff Bezos (le PDG d'Amazon) appelé Diego Piecentini a remarqué mon travail et m'a offert de travailler directement pour lui à Seattle dans le développement interne. J'ai accepté cette offre et en juillet 2004 nous avons déménagé pour aller à Seattle. Même si nous aimions le Japon, ma femme et moi avons pensé que c'était une occasion unique de booster ma carrière, c'est pourquoi nous avons accepté.
Cette photo a été prise devant le siège d'Amazon à Seattle à PacMed, là où j'ai travaillé sur le "competitive monitoring", la "selection analysis" et l' "ASIN (SKU) metric systems". J'ai passé beaucoup de temps à travailler sur la technologie de recherche avec l'équipe Alexa aussi.

Bien qu'adorant mon travail, je n'arrivais pas à me faire à la vie à Seattle. J'ai bien essayé de m'habituer à la façon dont les choses sont faites aux USA, mais ce n'était pas pour moi. Le temps semblait s'être arrêté, je pense que j'étais trop habitué au rythme effréné de la vie à Tokyo.
Le plus grand facteur qui m'a empêché de m'habituer à la vie à Seattle est que ce n'est qu'après avoir quitté le Japon que j'ai découvert que j'aimais le pays du soleil levant. Je me souviens avoir regardé les chaînes japonaises en permanence à Seattle et j'ai regardé Lost in Translation en boucle. Il fallait que je retourne au Japon.
Après des mois passés à me demander quoi faire, je me suis préparé à donner ma démission et à retourner au Japon avec ma femme. C'était une décision extrêmement difficile : quitter un excellent poste et payer pour notre retour. Mais la vie n'est pas faite que d'argent et de confort financier, il faut aussi savoir vivre sa passion, et je ne la vivais pas à Seattle. Il était temps de faire confiance au destin une fois de plus.

Et qu'est-ce que ma femme pensait de tout ce remue-ménage, de partir du Royaume Uni pour aller au Japon, puis à Seattle, puis pour retourner au Japon ? C'est une question que beaucoup de gens lui posent et sa réponse est toujours la même : peu importe où nous vivons tant que nous sommes ensemble. Nous avons été ensemble depuis 14 ans désormais. Ma femme a vécu dans davantage de pays que moi : la Chine, le Japon, le Royaume Uni et les USA.
Cette photo a été prise juste avant que nous partions des USA. Nous aurions probablement pris davantage de photos si nous avions su que nous serions là pour seulement six mois. Un des regrets que j'ai est de n'avoir pas gardé de trace de notre vie aux USA, il ne me reste pratiquement pas de photos de cette époque. Maintenant que je bloggue, je prends des photos très souvent et je garde une trace de tout ce que je fais dans la série A Week in Tokyo. Je fais cela principalement pour moi-même, mais ça me permet aussi de partager la vie à Tokyo avec d'autres personnes.

J'ai confié à Diego mes sentiments par rapport au Japon et je me suis excusé de le laisser tomber. Je lui ai donné ma lettre de démission et j'ai commencé à préparer mon retour au Japon. Diego voulait que je continue à travailler pour l'entreprise et Amazon me réembaucherait au Japon.
Ma nouvelle responsabilité au pays du soleil levant fut de m'occuper du site internet dont Amazon venait de faire l'acquisition, un site de vente chinois nommé Joyo.com. Je me suis occupé du développement du site et du développement logiciel. J'ai quitté Seattle en leur laissant des outils internes qui sont toujours employés de nos jours par des vendeurs et des acheteurs.
Merci Diego de t'être occupé de moi chez Amazon.
Ma femme et moi sommes arrivés au Japon en novembre 2004, et la sensation d'être de retour fut incroyable. Je me souviens encore de ce jour où nous sommes arrivés et où nous avons rejoint notre nouvel appartement qu'Amazon avait trouvé pour nous dans le quartier Azabu Juban.
Quelques managers et moi nous sommes occupés à distance des équipes en Chine tout en allant souvent aux bureaux de Pékin. Sur cette photo, je suis avec quelques collègues avec qui j'ai travaillé sur le site Joyo.com.

J'ai ajouté des fonctionnalité de blogging au site dannychoo.com en 2004, quand j'étais toujours à Seattle, mais ce n'est qu'en 2005 que j'ai commencé à blogguer régulièrement. A cette époque, je postais principalement à propos des Gundam, des figurines, et de la vie au Japon : Otaku x Japon.
Quand j'ai réalisé ce système de blog, j'ai utilisé les compétences que j'avais pu acquérir en réalisant tous ces sites AWS et je me suis arrangé pour que les templates soient optimisé pour les moteurs de recherche, ce qui m'a permis de gagner beaucoup d'utilisateurs. J'ai aussi investi dans un appareil photo digital que j'ai emmené pendant mes promenade et durant des évènements tels que le Wonder Festival. Ces photos ont contribué à attirer davantage d'utilisateurs du monde entier.

J'ai utilisé beaucoup de mes gains par affiliation avec Amazon pour m'acheter une maison ainsi qu'une parcelle de terrain. Ma fille a présenté la bâtisse en quelques photos prises autour de la maison dans ce post.
Et pour ceux qui me demandent quand j'aurais une véritable fille, malheureusement, nous n'avons pas encore eu cette chance.

Bien que travaillant pour une multinationale, mes connaissances me présentaient des amis qui voulaient que je leur fasse un site web. Même si je travaille sur internet, je ne pensais pas qu'il y avait de l'argent à faire en réalisant des sites pour d'autres personnes. J'étais aussi plutôt satisfait avec mon travail (et les revenus additionnels) qui occupait la plupart de mon temps donc je n'étais pas enclin à accepter des requêtes. J'ai donc répondu :
- Ok, si vous voulez vraiment un site web, ça vous coûtera X millions de yen.
A ma grande surprise, la première entreprise à m'avoir demandé un site a répondu positivement. Je n'allais pas dire non à quelques millions de yen (1 million = environ 10,000 USD), du coup j'ai programmé jusqu'aux aurores pendant plusieurs mois et j'ai pu améliorer mes connaissances du PHP, grâce à Google Sensei.
J'ai ainsi encaissé plusieurs millions de yen pour un seul site web, alors que c'était mon salaire annuel chez Nature. Davantage de requêtes commencèrent à affluer et j'en suis arrivé à en avoir plus que je ne pouvais faire sans affecter mes performances dans mon travail. Cette capture d'écran montre un des premiers sites conçu.
Avec l'aide de Google Sensei, j'ai cherché des développeurs outremer et j'ai trouvé des équipes de développement en Inde, en Roumanie et aux USA. J'ai trouvé certains d'entre eux sur Zend.
Je travaillais avec eux à distance en utilisant le téléphone, les email, et les messageries instantanées. Je demandais la moitié du paiement à mes clients avant de commencer, et je l'utilisais pour payer mes développeurs. Ensuite, j'allais à leur rencontre pendant le travail pour pouvoir connaître leurs attentes et en parler à mes développeurs.
C'était la première fois que je manageais ma propre équipe à distance et il m'est arrivé qu'un développeur lâche tout et disparaisse ^^:
Avec les revenus supplémentaires, j'aurais été fou de ne déclarer que mes bénéfices. Il fallait que je déclare mes dépenses aussi puisque je faisais tourner un business à côté. Du coup, j'ai fondé ma première entreprise, en tant qu'entreprise individuelle.
Le régime de l'entreprise individuelle me permettait de déclarer non seulement mes recettes, mais aussi mes dépenses. Par exemple, si j'utilise 25% de ma maison comme bureau, je peux déclarer 25% de mon loyer/emprunt-logement. J'ai utilisé ma connexion internet à 90% pour mon travail, du coup j'ai déclaré 90% du coût comme dépense. En déclarant vos dépenses, le montant des taxes que vous payez est réduit puisque vous payez des taxes uniquement sur le profit.
Si vous faites 1000 USD par an et que vous ne déclarez pas vos dépenses, alors vous paierez vos impôts sur les 1000 USD. Si vous déclarez vos dépenses comme s'élevant à 800 USD, et que votre revenu est de 1000 USD, alors vous ne paierez vos impôts que sur la différence, soit 200 USD.
Bref, à cette époque je savais déjà que je voulais avoir ma propre compagnie plus tard dans la vie et je me suis donné pour objectif d'en créer une avant mes 35 ans. L'entreprise individuelle était le début de tout et serait notre futur. Je l'ai donc appelée "Mirai" [未来], ce qui signifie "le futur".
J'ai écrit quelque chose de simple à propos des formalités pour créer votre entreprise individuelle au Japon dans le post Japan Proprietorship. La plupart des pays ont un système similaire et n'importe qui devrait pouvoir en créer une car cela ne coûte rien de s'enregistrer. D'ailleurs, quiconque arrondissant ses fins de mois serait fou de ne pas en avoir une, sauf si vous aimez être taxés.
Il est important de comprendre que ce n'est pas une forme d'évasion fiscale mais un moyen légal de déclarer les dépenses nécessaires à l'obtention de vos revenus. D'après moi, il n'y a pas de limite d'âge pour créer une entreprise individuelle.

En 2005 j'ai quitté Amazon. Amazon a été une expérience fantastique durant laquelle j'ai réellement pu découvrir mes forces et mes faiblesses. La vie est un puzzle. A mesure qu'on y avance, on trouve des pièces, et le puzzle s'assemble doucement. Chacun peut ainsi découvrir pourquoi les choses se sont passées de telle manière, et le pourquoi de certaines rencontres. Toutes ces pièces doivent êtres collectées et assemblées pour obtenir une plus large vision des choses.
J'avais trouvé toutes les pièces que je pouvais chez Amazon et il était temps pour moi de passer à autre chose.
Après Amazon, j'ai passé un peu de temps à aider quelques amis à faire du développement web, avant de participer à un entretien d'embauche pour Microsoft Japan. Une des raisons pour lesquelles ils m'ont embauché est qu'ils étaient intéressés par ce que j'avais fait de dannychoo.com et de la façon dont j'avais construit la communauté allant avec. Ils m'ont embauché en tant que CGM Product Manager, et j'ai eu la responsabilité de manager l'ensemble des services de médias générés par les utilisateurs (Consumer Generated Media) comme les blogs, les favoris, les cartes, et d'autres choses. La photo ci-dessus est mon premier bureau.
Travailler pour une multinationale est une expérience enrichissante. La plupart des entreprises ont des politiques internes et celles des multinationales relèvent du défi.
Une multinationale vous aidera (selon votre propre initiative) à évoluer énormément en peu de temps. Si vous rejoignez une grande entreprise, vous et les autres salariés avez quelque chose en commun : vous travaillez tous pour la même entreprise. Malgré cela, je constate que beaucoup de gens ne s'occupent que de leur propres affaires et ne travaillent qu'avec les gens de leur département.
Prenez l'initiative de faire connaissance avec des gens de tous les secteurs de votre entreprise.
Une chose importante quand vous travaillez pour une multinationale (ou pour n'importe quelle entreprise pour ce point) est de comprendre quelles opportunités vous sont offertes dans l'entreprise pour vous permettre d'évoluer. Par exemple, vous avez travaillé dans le développement web depuis un moment et vous voulez relever de nouveaux défis, peut être dans la chaîne de production. Y-a-t-il des postes disponibles ?
Et n'oubliez pas, ne vous laissez jamais aller dans la Zone de Confort, il peut être très difficile d'en sortir. Ayez toujours en tête vos objectifs et votre ambition au sein de l'entreprise. Si vous sentez que vous n'avez plus de place pour vous épanouir, alors peut être qu'il n'y a plus de pièces de puzzle pour vous ici. C'est le moment de passer à autre chose.

Vivre de sa passion veut dire être prêt à s'évader de la Zone de Confort, ce qui n'est vraiment pas une chose facile à faire. Mais il y a une méthode qui peut vous aider à rendre ça plus facile. Regardez vous dans le miroir. Maintenant, pensez à tout ce que vous pourriez être en train de faire. Vous êtes désormais en train de regarder la personne qui vous empêche d'atteindre vos objectifs. Comment vous sentez-vous ?
Beaucoup de gens attendent "la bonne occasion" avant de faire confiance au destin, mais cette bonne occasion n'arrive jamais. Ce que ces gens attendent réellement, c'est une "sortie confortable". Cela n'existe pas. Vivre une passion n'est jamais une chose facile et ne récompense que ceux qui prennent des risques. Prendre un risque fou peut s'avérer une mauvaise chose, mais les risques calculés sont une réalité.
Le risque calculé que j'ai pris en décidant de quitter Microsoft était simple : l'argent que j'avais mis de côté de mes années avec Amazon et Microsoft, ainsi que les revenus du programme d'affiliation et du développement de sites internet était suffisant pour que je puisse agréger mon entreprise. Un étranger au Japon doit investir 5,000,000 yen en capital afin d'obtenir le visa d'investisseur.
J'avais l'argent mais je n'avais pas nécessairement la clientèle, et je n'avais pas une vision concrète de ce qui allait arriver, néanmoins je savais que je devais commencer à faire du web consulting. C'était suffisant pour que je fasse le grand pas.
Le travail arriva finalement au travers de mon réseau de contacts, que j'avais étoffé au fil des ans au cours de divers meetings et en contactant d'autres personnes spécialisées dans le web au Japon à travers des réseaux sociaux. J'ai fini comme consultant pour des compagnies telles que Disney Japan et Columbia Japan.
Nous utilisions la pièce au troisième étage de notre maison comme bureau et voilà à quoi il ressemblait à l'époque.

Tant que nous vivons, nous rencontrons inévitablement la maladie. Certaines de ces maladies vont et viennent comme un rhume, mais d'autres restent et nous oblige à vivre avec jusqu'à la fin de notre vie. Et il y a ceux d'entre nous nés avec une maladie.
Je ne suis pas sûr de savoir si je suis né avec l'asthme (mes deux parents l'ont), mais je me souviens avoir toujours eu mon inhalateur avec moi. Même si je ne l'utilisais pas beaucoup à l'époque. Je me souviens aussi qu'une fois on a dû aspirer du fluide qui s'était accumulé dans mes poumons.
La maladie avec laquelle je ne suis pas né en revanche, c'est la hernie discale qu'on m'a diagnostiqué en 2008.
Quelques uns des disques dans le bas de mon dos ont rompu et collent aux nerfs de la moelle épinière. Cela cause une douleur qui descend le long de mes jambes. La douleur avait pour habitude de repartir vite mais ces dernières années, elle a été permanente. Les disques de la colonne vertébrale s'usent de toute façon, mais les miens sont déjà pratiquement foutus ^^;
Comme vous pouvez le voir sur les IRM ci-dessus, la plupart des disques sont foncés alors qu'ils devraient être clairs. Quand les disques s'usent, la moelle épinière subit des atteintes qui causent des douleurs et parfois provoquent l'impossibilité de marcher.
J'ai été chamboulé quand j'ai été diagnostiqué avec cette maladie et je me souviens avoir été déprimé par la perspective de ne plus pouvoir marcher un jour. Mais après avoir broyé du noir pendant un moment, j'ai pris la décision de juste continuer à vivre, à travailler, et à jouer autant que je le peux avant que finalement je ne finisse dans une chaise roulante. Si je n'ai qu'une quantité limitée de temps restant, autant que j'en profite plutôt que de le gâcher en étant déprimé.
Je reste optimiste et je suis au courant que toutes les hernies discales n'empêchent pas de marcher, et beaucoup de gens avec la maladie n'ont même plus de douleur après la rééducation. Ma rééducation en revanche ne semble pas marcher, mais ce n'est pas quelque chose qui me déprime parce que j'ai appris à vivre avec la douleur. Mais quand j'éternue, ça me tue ! Je suppose que c'est comme de naviguer à bord d'un bateau dont le gouvernail est endommagé : il navigue toujours ^^

En continuant de partager la Culture Pop Japonaise, beaucoup de médias en dehors du japon on commencé à utiliser mes images et mes textes, et à me contacter pour m'interviewer. J'ai aussi été invité à m'exprimer dans plusieurs conventions autour du monde au sujet de la Culture Pop Japonaise ou des Contenus Multimédias Générés par les Utilisateurs. La photo ci-dessus à été prise à Trend Day à Berlin en 2008 quand j'ai parlé des réseaux sociaux et que j'ai expliqué ce qu'était un Otaku à une audience composée de cadres.
Beaucoup de gens disent qu'ils aiment les photos que j'ai prises, mais tout ce que j'ai à faire, c'est d'appuyer sur un bouton ! Nikon semble penser autrement et m'a demandé d'être dans une de leur pub où l'on voit certaines de mes photo. Les séries de photo populaires sont "A Week in Tokyo", "Places to visit in Japan" et "Living in Japan Guide".
Je sais parfaitement ce que ça fait de vivre en dehors du Japon et de vouloir tout savoir à propos des japonais. Non seulement j'aime partager le Japon, mais je pense aussi que c'est un devoir pour moi de le faire, pour les gens comme moi qui ont pour objectif de vivre au Japon un jour. Mes écrits à propos du Japon jusqu'à maintenant peuvent être vus dans la catégorie Japon et le reste dans la catégorie Culture Pop Japonaise.

En 2009 j'ai fait équipe avec l'ingénieur britannique Chris Gaunt afin de poursuivre le travail sur la plateforme que j'avais commencé à développer il y a des mois appelée Mirai Gaia. Au fil de mes expériences avec différents morceaux de code que j'avais écrit pour chaque site que j'avais créé par le passé, j'ai compris que si je faisais la même chose cela finirait par être un inconvénient en m'obligeant à avoir une équipe et de l'argent pour la maintenance.
Ma vision de Mirai Gaia était d'avoir une seule plateforme pour pouvoir tout faire, de l'e-commerce aux communautés en passant par la publication. Cela signifie que la seule différence entre le site d'un client A et d'un client B sont une poignée de réglages et quelques templates PHP et CSS.
Cependant les choses ne se sont pas passées comme prévu et avant que Chris n'arrive, nous avons dépensé beaucoup d'argent pour développer Mirai Gaia ce qui m'a pratiquement conduit à la faillite.
En dehors de nos propres sites, nous n'avions qu'un seul client, et afin d'établir le profil des entreprises, j'ai fait beaucoup de travail gratuitement pour de grandes entreprises. Même si les rentrées d'argent étaient modestes, je savais qu'un jour tout cela serait payant, mais seulement si je continuais à croire en ce que je faisais.
"Trouvez et vivez votre passion, le reste suivra. Il suit toujours." est quelque chose que je me répète quand les choses vont mal. Et quand je ne savais plus quoi faire, je faisais selon le principe du "quelque chose mène toujours à quelque chose. Rien mène toujours à rien."
Je pense qu'il y a quelque chose dans l'optimisme qui provoque la chance. Après un moment, nous avons commencé à gagner davantage de clients et nous travaillons désormais avec des entreprises d'animé, de jeux et de figurines telles que Good Smile Company, Kadokawa, Bushiroad, King Records, Dentsu, Sega Sammy et Ascii Media Works.
Notre travail est simple : partager la culture japonaise à travers le monde et fournir aux personnes un moyen de le faire. Nous utilisons divers médias tels qu'internet, la télé, et les conférences. Nous aidons aussi les entreprises à s'étendre outremer, ce qui permet une autre forme de propagation de la culture japonaise. Un exemple du travail que nous avons pu réaliser peut être aperçu dans le post Summary of 2010.
Ah, autre chose, j'ai pratiquement oublié de dire que nous développons aussi des personnages pour des entreprises comme Sony. Notre mascotte est Mirai Suenaga.
Les autres choses que nous faisons sont listées sur la page de mon profil.
Même si je n'apprends plus le japonais à temps complet, je continue d'apprendre de nouvelles phrases pendant que je travaille et je mets un point d'honneur à toujours chercher les définitions ou à demander le sens d'un mot.
Etre capable de négocier en japonais sans l'aide d'un interprète est une clef incontournable pour faire du commerce au Japon. Tellement de nuances et de sentiments sont perdus dans une traduction que cela conduit à des opportunités manquées et à des problèmes de compréhension. Si vous avez votre propre entreprise alors il est important de pouvoir communiquer directement avec vos partenaires commerciaux, cela vous sauvera de l'argent de bien des façons.
Si vous avez l'impression que votre commerce impliquera le Japon d'une façon ou d'une autre, je vous recommande de rester concentré sur votre objectif et de continuer à apprendre le japonais avec passion et à vous immerger dans la culture comme je l'ai fait du temps où j'étais au Royaume Uni.
Ce n'est que récemment que j'ai appris par un linguiste que la méthode que j'ai utilisé pour apprendre la japonais s'appelle "l'immersion", durant laquelle quelqu'un apprend une langue dans l'environnement de la langue cible. Dans la plupart des cas l'immersion signifie vivre dans le pays cible et étudier le langage sur place. Etant donné ma situation au Royaume Uni, déménager au Japon pour étudier n'était pas une option, j'ai donc créé ce qu'on pourrait appeler une "immersion virtuelle".
J'ai couvert les murs de ma maison de japonais, j'avais des émissions japonaises en boucle quand j'étais à la maison, je lisais des mangas, j'écoutais des enregistrements audio d'émissions télé quand j'étais dehors, le tout accompagné des personnes japonaise au Axel, au travail, ou quand on se réunissait.
Il y a tellement de choses que vous pouvez faire pour vous immerger dans le japonais, et j'espère que certaines de ces choses vont vous inspirer pour intercaler quelque chose dans votre quotidien.

Ce que j'adore dans mon travail c'est qu'il m'amène à rencontrer des personnes du monde entier et ce grâce aux communautés que nous gérons et aux réseaux sociaux comme mon Twitter et mon facebook.
Cette photo a été prise à l'Anime Expo de l'année dernière avec des connaissances, et vous pouvez voir davantage de nos camarades du monde entier dans les posts taggés "meetup".
Cela me fait aussi énormément plaisir de savoir qu'à travers les communautés internet que nous gérons, beaucoup de gens se sont lié d'amitié et ont partagé leurs passions.
La chose la plus importante est de continuer à partager vos passions parce que ce faisant, vous rencontrerez d'autres personnes qui partagent vos centres d'intérêts. Ces nouveaux liens d'amitié enrichiront votre vie et vous apporteront leur lot d'opportunités, comme ce fut le cas pour moi.

Mon travail m'amène à rencontrer de nouvelles personnes issues de tous les horizons, et ce tous les jours. Ça rend le travail si agréable ^o^ Cette photo a été prise avec des lycéens durant leurs activités de Kyudo après les cours. Vous pouvez en apprendre plus ici.

Un des moments les plus heureux de ma carrière fut quand le gouvernement japonais a reconnu mon travail et m'a demandé d'intervenir à une de leurs conférences. J'ai parlé en présence du spécialiste du cerveau Ken Mogi et du producteur des AKB48 Yasushi Akimoto.
Depuis, j'ai travaillé avec le gouvernement sur divers projets.

Partager des informations au sujet de la culture japonaise à travers internet et des conférences a ses limites. Je voulais avoir un médium visuel en dehors de YouTube et j'en suis arrivé à créer le concept d'un show télévisé qui serait diffusé non seulement au Japon, mais dans le monde entier. Ce show s'appelle Culture Japan et présente non seulement la Culture Pop Japonaise mais aussi je Japon plus traditionnel.
C'était un nouveau concept et trouver des sponsors pour couvrir nos coûts de production nous a pris un moment, mais finalement nous y sommes arrivés. Nous avons réalisé un épisode pilote qui a été diffusé au Japon sur Tokyo MX TV en juin 2010 et aussi dans toute l'Asie sur le réseau Animax Network.
L'épisode pilote a prouvé que le concept marchait et nous avons trouvés des sponsors pour couvrir les frais de production d'une saison entière. Merci Aki Takanori, Takaaki Kidani et AmiAmi !
Le trailer de la Saison 1 de Culture Japan se trouve ci-dessous, et vous pouvez en apprendre davantage sur la manière dont tout a démarré, dont nous avons réalisé la saison et découvrir toutes les personnes impliquées dans les épisodes en suivant le tag Culture Japan. Les gens qui ont un compte CrunchyRoll peuvent aussi regarder toute la Saison 1.
La saison 1 a reçu un accueil chaleureux et je suis en plein dans les préparatifs de la saison 2, qui ne sera pas diffusée uniquement au Japon et en Asie mais aussi aux USA ! Je suis en train de chercher un moyen pour qu'elle soit diffusé dans davantage de continents à travers le monde.
Et pour les gens qui ont un peu de temps libre, voici un condensé du meilleur de la saison 1.

Durant la dernière année fiscale, les revenus bruts de mon entreprise ne m'ont pas encore permis de gagner autant que le salaire annuel que me versaient Amazon ou Microsoft, mais je me sens néanmoins plus riche qu'avant.
La richesse est relative à nos valeurs. Avant, j'avais l'habitude de dire que l'argent était important pour faire ce que vous aviez envie de faire et acheter ce que vous vouliez acheter. Je n'ai pas énormément d'argent, mais j'ai appris comment combler ces deux besoins.
Comme beaucoup de comparses qui travaillent dans le secteur des animés, j'ai la plupart des choses que j'aime et que je veux gratuitement grâce à mon travail. Mais parce que je travaille aussi dans la technologie et dans le secteur télévisuel, j'ai aussi beaucoup d'équipement dont j'ai besoin pour le travail gratuitement ^^;
Pour la partie "faire ce que l'on veut", je le fais déjà, et j'ai appris au fil des ans qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des montagnes d'argent pour en faire de même. Tant que vous avez un ordinateur et une connexion internet, vous avez tout ce qu'il vous faut pour apprendre et partager, et c'est ce que j'ai fait : apprendre à utiliser les outils nécessaires pour partager ma passion de la culture nippone, et le reste a suivi.
C'est toujours le premier jour pour moi mais avec tous les nouveaux clients qui nous ont fait confiance ces derniers mois, le cahier des recettes et des dépenses de la prochaine année fiscale m'a l'air vraiment meilleur qu'avant. Les bénéfices nous permettront d'investir dans un commerce florissant et peut être que j'aurai davantage de temps pour regarder des animés ou pour jouer à Valkyria Chronicles 3 ^^;
Dans le futur, je veux continuer à partager ma passion de la culture japonaise. Découvrir le Japon a été la meilleure chose qui me soit arrivé. Je n'aurais certainement pas rencontré ma femme si ce n'avait été grâce à cette passion.
Je sais que beaucoup d'entre vous partagent ma passion du Japon et j'espère que les expériences que j'ai partagé dans ce post vous seront utiles le jour où vous voyagerez pour atteindre votre objectif.
Votre voyage ne se fera pas toujours par calme plat mais vous ne devez pas vous laisser dissuader par les tempêtes. Affrontez-les tête haute et vous en deviendrez une personne plus sage et plus forte. Après la tempête, le beau temps arrive toujours.
Quel jour de la semaine détestez-vous le plus ?
De temps en temps, je pose cette question aux gens et la plupart du temps, la réponse est "Lundi".
Quand je leur demande la raison, ils répondent souvent "parce que je dois retourner au travail ou à l'école".
Réponse typique mais néanmoins intéressante. Si quelqu'un déteste le lundi à cause de l'école ou du travail, pourquoi cette personne continue-t-elle à y aller ? Je pense que les gens comme ça font probablement le mauvais travail, ou suivent le mauvais cursus scolaire et devraient probablement chercher quelque chose qui leur fera aimer le lundi, et tous les autres jours de la semaine. Ceux qui aiment ce qu'ils font ne répondront probablement jamais "le travail ou l'école" quand on leur demande la raison.
J'ai regardé un documentaire extrêmement émouvant à propos d'une fille prénommée Ashley qui a une maladie connue sous le nom de Progeria provoquant un vieillissement prématuré de son corps, à près de 13 fois le rythme d'un humain normal. Cette affection ne touche qu'un nouveau-né sur 8 millions.
Une personne souffrant de cette maladie meurt normalement à l'âge de 13 ans. Elle venait de célébrer son 14ème anniversaire et elle savait qu'elle pouvait mourir n'importe quand. Elle a dit qu'elle était préparée à mourir et qu'elle avait eu une vie formidable jusqu'à maintenant. Elle a parlé de ses expériences, de ses amis, et de sa joie. Vivre une vie plus longue n'était pas important. La qualité de la vie au lieu de la quantité est ce qui est important.
Nous regardons les journaux télévisés et voyons des personnes en train de mourir, sans arrêt. Des gens poignardés, écrasés, ou mourant tout simplement dans des accidents quotidiens. Beaucoup des gens qui voient/lisent un sujet sur la mort des autres n'en pensent généralement pas grand chose, et les personnes qui sont mortes n'en pensaient probablement pas plus.
Je discutais avec un agent immobilier quand nous avons acheté notre maison. Je lui ai demandé de quelle façon je devais écrire mon testament. Il m'a regardé comme si des cornes venaient de pousser sur mon front et m'a dit que les gens n'écrivent généralement pas leur testament avant d'avoir la soixantaine. Je me suis dit en mon for intérieur : "en plus d'être un menteur, cet agent immobilier est aussi un idiot."
Cela peut paraître évident mais en fait, personne n'a la garantie de vivre longtemps. Même en vivant dans la partie "la plus sûre" du monde, en étant en bonne santé, vous pouvez voir votre vie considérablement raccourcie par un coup de couteau, une balle, ou un chauffard ivre. Aucun de nous ne sait quand nous mourrons mais une chose est certaine : nous mourrons un jour, dans trente ans comme demain matin. La mort est une réalité que nous devons tous comprendre, et c'est la dernière pièce du puzzle que chacun de nous ramassera.
La vie est un puzzle. Vous ne savez pas où sont les pièces, vous ne savez pas où elles vont, mais vous savez que vous devez continuellement les chercher et trouver quoi en faire. Tout évènement qui vous arrive est une pièce du puzzle. Si vous êtes coincé dans la routine au travail ou à l'école, et que vous vous posez sans cesse la question "et si...", alors c'est un signe vous annonçant que vous ne pourrez plus trouver de pièces de puzzle là où vous êtes.
Vu les technologies dont on dispose désormais, on peut envoyer un être humain sur la lune, diviser un atome, et même remplacer un clavier par une simple roulette. Mais les êtres humains n'ont pas encore trouvé comment vendre des bouteilles de temps dans un rayon. Imaginez, vous rentrez dans un magasin et vous dites :
- Filez-moi une bouteille d'une heure, comme d'hab' !
Le temps n'est pas de votre côté. C'est un ami qui dure pour la vie mais qui n'est jamais de votre côté. Ne pensez jamais que le temps puisse vous faire une faveur.
Faire le pas pour passer d'un endroit où vous vous sentez en sécurité à l'inconnu n'est pas quelque chose de facile. Les instincts primitifs des êtres humains les poussent à se protéger et à favoriser le fait d'avoir de la nourriture et un toit sur la tête plutôt que de prendre des risques qui risquent de mettre en péril ces besoins vitaux.
Mais la vie, ce n'est pas se sentir en sécurité. C'est vivre sa passion.
Vous pouvez passer une grande partie de votre vie à faire quelque chose que vous n'aimez pas pour gagner de l'argent afin de payer des factures qui vous permettront de retourner au travail un autre jour pour gagner de l'argent pour payer les factures qui vous permettront de retourner au travail un autre jour pour gagner de l'argent pour payer les factures...
La vie est courte. Il est possible de ne pas se rendre compte à quel point elle est courte quand vous êtes jeune, mais vous commencez à comprendre en vieillissant. J'arrive vers la quarantaine et je ne me fais aucune illusion sur le fait que je meurs de vieillesse : je pourrais mourir n'importe quand comme chacun d'entre nous. Je veux juste être sûr que je mourrai en ayant vécu une vie passée à faire ce que j'avais vraiment envie de faire. Je ne veux pas vivre pour toujours, et je suis heureux du temps qui m'a été accordé. Je ferai en sorte de tirer le meilleur du reste de ma vie, et j'espère que vous en ferez autant.
Et pour ma part... heureusement, on peut dire que j'adore les lundis ^^









